mercredi 19 juin 2013

Quentin Bance : Miracle en 3 leçons

Salut chers lecteurs !

Lors d'une sortie ce week-end avec des amis du Groupe Biblique Universitaire, samedi soir lors d'une soirée autour du feu, une amie qui est responsable du GBU du campus d'Illkirch (campus décentralisé au nord de Strasbourg) a raconté que Quentin Bance, un étudiant de son groupe, a eu un très grave accident de moto (il est passionné de moto) en avril, qui a failli lui être fatal. Suite à cet accident, les étudiants du GBU d'Illkirch se sont beaucoup mobilisés pour prier pour lui, passant parfois des journées entières dans le jeûne et la prière. Aujourd'hui, alors qu'il aurait pu rester handicapé à vie ou même mourir, toutes les blessures que Quentin a eues lors de cet accident sont guéries et il est sorti de l'hôpital sans aucune séquelle, sauf une fracture au poignet dont il se remettra rapidement.
En entendant mon amie, j'ai été frappée : ce Quentin, je le connais, je l'ai déjà vu plusieurs fois, nous avons beaucoup d'amis communs et j'ai chanté au son de sa guitare, lors d'une soirée chez une amie il y a deux ans il m'avait même raconté son histoire, mais... je n'avais pas du tout entendu parler de son accident ! Passé le premier choc de l'apprendre comme ça (et ma réaction sur le coup qui n'était pas vraiment appropriée et qui, je sais, a gêné plusieurs personnes présentes ce pourquoi je leur demande pardon), je réalise à quel point Dieu a protégé mon ami : qu'il soit encore en vie est un miracle ! Je n'ai donc plus qu'un seul regret : n'avoir pas pu, puisque je n'étais par au courant, participer à cette mobilisation dans la prière pour lui... même si je me rends compte que c'est facile de dire ça aujourd'hui que je connais le fin mot de l'histoire alors que si j'avais su mon inquiétude aurait sans doute été terrible, alors que cette année j'avais déjà franchement beaucoup de choses en tête.
J'ai parlé avec Quentin ce matin et il m'a aussitôt envoyé un témoignage qu'il a écrit sur ces événements. Je lui ai demandé si je pouvais le publier sur mon blog, en pensant qu'il n'accepterait jamais, mais à ma grande surprise il m'a même encouragé à le faire, avec son nom. Je le remercie et vous laisse donc lire son histoire.

Lire la suite

Introduction
Malgré mon jeune âge, j’ai dû affronter beaucoup d’épreuves, mais celle qui se produisit le 15 avril 2013 fût l’une des plus dures et des plus enrichissantes sur le plan humain et spirituel. Cette expérience m’appris trois choses.
• La première mes frères et soeurs, c’est que : la prière ça marche ! ça marche et c’est une arme redoutable contre l’ennemi. Dieu vous entend et vous entendra toujours.
• La deuxième concerne l’engagement, quand vous prenez une décision avec Dieu, vous devez vous y tenir. Quand vous sentez au plus profond de votre coeur que c’est la bonne chose à faire… faites-le, et ne vous laissez pas abuser par quelques tours que vous joue l’ennemi. Car le diable peut facilement vous détourner du bien, il est le père du mensonge et du mal, il ne faut jamais l’oublier.
• Et pour finir, j’ai enfin compris le verset qui dit « honore ton père et ta mère » (Marc 7, 9-10) cela ne signifie pas ramener de bonnes notes ou être poli, être présent à noël et pour les anniversaires, NON, cela signifie qu’il faut arriver à créer une relation avec eux. Les respecter et les aimer, autant que tu te respectes et autant que tu t’aimes. N’insulte pas tes parents et ne les maudit pas quand ils te privent de sorties ou quand ils te punissent car tout ce qu’ils font c’est pour ton bien.
Contrairement à la plupart de mes amis je n’ai pas été élevé dans le « cocon » chrétien. Ma perception de Dieu s’arrêtait à un vieux bonhomme avec une longue barbe blanche. Je ne connaissais ni Jésus, ni la Bible, ni même l’espoir d’une vie après la mort.
Cependant une personne, [nom supprimé en attendant l'accord de la personne concernée pour le publier], planta une graine dans mon coeur et le saint esprit la fit grandir. Et petit à petit je découvris qui était Jésus et ce qu’était la foi. Mais je m’égarais à vouloir devenir un « bon » chrétien, car en vérité j’étais loin de connaître la grâce et l’amour de notre Père. Je continuais à pécher et je suis devenu « un chrétien du dimanche », je n’avais pas de vraie relation avec Dieu et je ne produisais que peu de fruits.
Certaines personnes sages apprennent sans qu’elles aient à souffrir… ce ne fut pas mon cas. Ce 15 Avril 2013 à environ 16h de l’après-midi j’eut un grave accident de moto et malgré toutes mes blessures Dieu me garda en vie et je suis devenu, pour mon entourage, un miraculé.

Chapitre 1 : l’accident
La météo annonçait une magnifique journée. L’occasion rêvée de sortir la moto avant mon grand départ, car je devais effectuer un stage au Canada dans le cadre de ma formation à l’université. Je partis donc avec une amie sur les routes sinueuses des cols de montagne d’alsace. Une grande courbe se présentait devant moi. Comme tout bon motard, j’attaque cette courbe pour atteindre le point de corde et ressortir rapidement, la route était propre et aux vues du virage qui se présentait à moi je n’excédais pas les 90 kilomètres/h, mais au moment de sortir de ce virage un motard est venu en face, distrait, je ne fis plus attention à mon allure et j’arrivais beaucoup trop vite pour le virage suivant, j’essaie donc de freiner de l’arrière mais ma roue se bloque, et la moto commence à chasser, tout se passe très vite. Je n’ai pas le temps de réaliser que je vais tomber que je suis éjecté de la moto et projeté de face sur un rocher. Et c’est là que Dieu fit sa première apparition, car je ne pris pas le rocher de dos, ce qui m’aurait probablement rendu paraplégique ou tétraplégique, ni sur la tête, ce qui m’aurait probablement tué, mais bien de face au niveau du torse.
Je suis resté inconscient quelques temps… puis, je me suis réveillé et je commençais à ressentir un mal si fort que je ne pouvais rester muet, j’appelais à l’aide mais personne ne m’entendait, mon amie qui me suivait avait pris un peu de retard, elle ne put voir mon accident et ne me vit pas dans le fossé plein d’eau dans lequel j’étais allongé.
Puis je vis quatre personnes, une femme et peut être son mari qui ont prévenu les pompiers, elle plaça une couverture de survie sur moi le temps que les pompiers arrivent, il y avait aussi deux hommes, l’un d’eux était à ma tête l’autre près de mon torse et mes jambes. Ce fut les plus longues minutes de ma vie, je ne le savais pas encore mais j’avais 3 cotes cassées, le poumon perforé, la rate, le rein et le foie gravement endommagés ainsi qu’une fracture du poignet.
Je ne pouvais respirer dans ce fossé, sa forme comprimait ma cage thoracique. Je voulais me dégager, mais les personnes autour de moi m’en ont empêché, de peur que je ne me fasse encore plus de mal.
Alors un homme vint au-dessus de moi, il était de carrure moyenne, il passa sa main dans mon dos et me souleva légèrement pour que je puisse respirer. Au moment de l’accident je pesais 98kilos pour 1m80 et cet homme me teint jusqu'à l’arrivée des pompiers. Mes frères et soeurs je ne vois pas d’autres explications, Dieu lui a donné la force de me soutenir, avec un bras, pendant plus de dix minutes ; cet homme me souleva pour que je ne m’étouffe pas.
Une fois les pompiers arrivés, je leur parlais un maximum pour leur dire ou j’avais mal pour qu’il puisse m’emmener rapidement et que ce cauchemar finisse mais en vérité tout ne faisait que commencer.

Chapitre 2 : l’arrivée à l’hôpital
Les pompiers ont découpé mon jeans, mon blouson, mon tee-shirt et mon casque et ils me mirent comme ils purent dans l’ambulance et on me donna un calmant pour que je souffre moins, le trajet fut long et douloureux, mais je restais conscient jusque sur la table d’opération où je suis tombé dans le coma. La priorité pour les médecins était de déterminer les traumatismes dont j’étais victime. Ils m’ouvrirent sur 30 cm et ils m’ôtèrent la rate, ils n’ont touché ni au rein ni au poumon ni au foie car leur seconde mission était d’arrêter les multiples hémorragies qui venaient de se déclarer, et encore une fois Dieu est intervenu, car la chirurgienne me sauva in extrémis, elle même se demandant comment cela était possible ?
Je suis persuadé que Dieu guida ses mains, car ce n’était pas dans le plan de Dieu que je meurs. Je fus amené en réanimation, j’étais intubé et 6 tuyaux sortaient de mon corps. Mon torse et mon ventre étaient gravement touchés, mais déjà les médecins me trouvaient extrêmement chanceux de n’avoir, ni perdu mes jambes, ni mes bras, ni ma tête, aux vues des circonstances de l’accident. Dieu est bon et il m’a rappelé à lui, à ce moment je ne vis pas encore le plan de Dieu, d’ailleurs encore aujourd’hui je ne le vois pas complètement mais je remercie Dieu de m’avoir permis de garder mes jambes et mes bras.
Je suis resté un ou deux jours dans le coma et à mon réveil je vis ma mère, qui a eu la peur de sa vie.
La pire souffrance que peut endurer un parent est de devoir enterrer son enfant et nous n’étions pas loin de cette réalité, voilà pourquoi ma mère eut si peur. Grâce à Dieu nous avons des amis, croyants et non croyants, et… croyez le ou non… mais même les non croyants se sont mis à prier. J’ai fait peur à beaucoup de monde et à travers ces quelques lignes je m‘en excuse, mais c’était un passage nécessaire pour que je grandisse dans la foi.

Chapitre 3 : Le service de réanimation et des soins intensifs
Je suis resté longtemps en réanimation et je fis quelques allés retours entre le service des soins intensifs et la réanimation, j’eu trois chambres et à chaque fois je ne revenais pas en forme. Les places en réanimation sont très demandées, donc quand un patient va un peu mieux, on le transfert dans le service des soins intensifs. Je ne fus pas transféré tout de suite car en sortant du coma je n’étais pas encore stable, je suis donc resté encore plusieurs jours en réa.
Il était maintenant impératif de soigner mon poumon, je ne suis pas médecin mais je vais tenter de vous expliquer ce que je devais faire chaque jour. J’avais des exercices de respiration à faire, et plusieurs fois par jour, on me branchait à une machine qui obligeait mes poumons à se gonfler et à se dégonfler complètement. Pendant 1h je devais subir ce traitement. Cette méthode me permettait de sortir toute l’eau et les impuretés emmagasinées. La machine était reliée à un masque qu’on me mettait sur la tête, c’était très désagréable, et après chaque séance j’étais épuisé. En plus des antibiotiques, ce traitement devait « guérir » mon poumon.
Je ne dormais pas beaucoup la nuit, car j’avais beaucoup de fièvre. Pendant plus de 10 jours ma fièvre oscillait entre 38 et 40, on me donna des poches de glace pour me refroidir, je me réveillais en pleine nuit paniqué à l’idée de partir dans mon sommeil. Il m’est même arrivé de me réveiller ne sachant plus ou je me trouvais et cette nuit-là, Dieu a organisé les choses pour que je n’aggrave pas mon cas, car cliniquement il m’était impossible de me lever de mon lit d’hôpital… pourtant, à environ 2h du matin, je me suis réveillé complètement perdu et désorienté, je me suis dressé sur mon lit d’hôpital et je commençais à tirer sur les câbles et les tuyaux… une infirmière, exactement à ce moment, m’aperçut à travers une petite fenêtre, elle s’empressa de venir près de moi, de me rassurer et de me rallonger.
Je continuais à ne pas dormir, à souffrir et mon moral commençait sérieusement à baisser, quand une nuit…J’aperçus Jésus, il était là…sur le mur de ma chambre, avec trois cercles au dessus de sa tête, je ne sais pas encore à quoi correspondent ces cercles, il me souriait et juste à coté de lui une croix s’était formée avec les lumières de tous les appareils qui se trouvaient derrière mon lit. A ce moment je sus que je n’étais plus seul.
Après une nuit difficile j’aperçus souvent un petit signe de Dieu, un oiseau sur une branche près de ma fenêtre ou un rayon de soleil qui rentre dans ma chambre juste sur ma main et qui me réchauffait le corps et surtout, qui me réchauffait l’âme. Grâce à Dieu et aux prières de tout le monde je tenus bon. La chaine de prière était si grande, en Alsace en Moselle en Belgique au Canada, en Australie, beaucoup de monde pensait et priait pour moi. C’est la le premier point que j’aimerais que vous reteniez.
La prière ça marche, car il est dit "Ainsi, comme nous savons qu'il nous écoute quand nous lui présentons une demande, nous savons aussi qu'il nous accorde ce que nous lui demandons." 1 Jean 1.15
C’est vrai que parfois on se dit « au final je parle tout seul », « Est-ce qu’il m’entend vraiment ? ça va marcher ou pas ? Bon allez je le fais pour avoir bonne conscience… » Croyez-moi mes frères et soeurs, la prière ça marche car dès que je devais subir quelque chose, la douleur était là mais elle restait supportable. On m’ a mis ce masque de respiration qui me comprimait le visage, on m’ a placé un cathéter au niveau de l’artère fémorale alors que j’étais conscient, on m’ a fait des points de suture à vif…et j’en passe. Toutes ces épreuves, tout ça je l’ai surmonté, avec douleur certes, mais une douleur bien moins importante que la normale, et tout cela, c’est grâce à toutes ces prières qui sont montées vers Dieu, il vous a entendu mes amis, Merci à vous de l’avoir fait. Cependant attention, Dieu n’est pas un magicien qui exauce vos voeux, il ne s'agit pas d'insérer votre prière dans une bouteille, de frotter un peu et de recevoir tout ce que vous voulez. Si toutes nos prières étaient exaucées, nous serions de vilains enfants gâtés. Dieu a une vue d’ensemble, ce qui nous semble bon pour nous sur le moment, ne l’est finalement peut être pas si on connaissait l’ensemble du dessein.
Dieu sait ce qui est le meilleur pour nous, et pas nous. Il est écrit dans 1 Jean 5.14 : "[...] si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute". Remarquez l'expression "selon SA volonté". Notre attitude dans la prière doit suivre l’exemple de Jésus qui a dit "[...] Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite" (Luc 22.42). C’est un Dieu tout puissant, il te répondra, viens à lui simplement.
Plusieurs jours se passent et mon état commence à se stabiliser. Je pars donc en soins intensifs ou je ne reste que quelques heures, car mon état s’est dégradé tout de suite. J’attrape un germe qui engendre une infection au poumon en plus de tout cela, avec le transport et étant très faible, je tombe malade. Bronchite et infections diverses s’attaquent à moi et mes deux poumons finissent par être touchés, ce qui engendre une carence en oxygène et si cela persiste je pourrais mourir.
On me redescend en réa. Lorsque mon cerveau était sur le point d’être touché, ma saturation en oxygène se mit à remonter avec, bien sur, l’intervention des chirurgiens. J’étais dans les vaps à ce moment-là donc je ne peux que vaguement vous raconter mon deuxième passage près de la mort. On pourrait dire « Ouah il a eu de la chance heureusement que les médecins étaient là » oui bien sur, heureusement que les médecins étaient là, mais Dieu mit son grain de sel, car c’est un infirmier qui prit la décision de me redescendre en réa. Il ne savait pas quoi faire, et il eut la conviction que je ne devais pas rester la, il suivi son instinct et me transféra. Il ne savait pas encore que j’avais un grave problème.
Et c’est reparti pour la réanimation, où mon état se stabilise à nouveau au bout de quelques jours, on prend donc la décision de me retirer le drain thoracique. Toujours des nuits difficiles et des examens à n’en plus finir plus douloureux les uns que les autres.
Je repars en soins intensifs. 2 jours se passent, et tout semble bien se passer, sauf la fièvre qui refuse de baisser. On m’autorise à boire et manger, en petites quantités. On me retire encore quelques tuyaux : il ne me reste plus que le cathéter. Mais le 3ème jour, une hémorragie au niveau du rein se déclare, en quelques minutes une dizaine de médecins et d’infirmières se retrouvent autour de moi, pourtant je reste très calme en leur disant que tout va bien et que je me sens bien, seulement je perds énormément de sang, je deviens blanc et je commence à avoir froid, les médecins baissent le lit pour mettre la tête en arrière (afin que le cerveau reste irrigué, je suppose) je me mets à trembler, je regarde l’infirmière au-dessus de ma tête…et je lui demande… si je vais mourir. Je vois tout au ralenti, je sens que les dernières forces qu’il me reste m’abandonnent, les médecins tentent de compenser la perte de sang, par plusieurs perfusions de sang. Le troisième passage près de la mort est arrivé, on m’emmène au bloc le plus vite possible. Je vois le médecin à ma tête qui court avec les brancardiers, quand tout à coup, une énorme douleur dans le bas ventre me fait hurler de douleur, on me rassure en me disant qu’on va me donner des calmants et que le bloc est proche, mais cette douleur est insupportable. J’ai froid, j’ai mal, je tremble et sur le moment une pensée traverse mon esprit : mais pourquoi Dieu m’inflige encore cette épreuve ? Les médecins m’opèrent à nouveau et à mon réveil on m’annonce que j’ai un hématome au niveau du rein, que mon rein est complètement ouvert en deux, mais que par un incroyable miracle, il fonctionne toujours et par conséquent ils ne me l’ont pas retiré.
« Le risque zéro n’existe pas ! » me dit une infirmière ce qui signifie que je peux refaire une hémorragie à n’importe quel moment. Je retourne en réa pour la dernière fois.
Les journées sont longues et le moindre effort me fatigue, je sais aujourd’hui que si Dieu a permis que toutes ces choses se passent c’est que je n’étais pas près et que je devais encore apprendre de cette expérience.
Un jour, une connaissance vient me rendre visite, il faut savoir qu’en réanimation c’est pas évident de rendre visite à un patient… en plus, j’étais en isolement ce qui signifie, se laver les mains avant d’entrer dans la chambre, masque, gants, blouse et, chaque visiteur devait dire si il était de la famille ou non et on me demandait si j’acceptais de voir cette personne. Cette fois-ci on ne me demanda rien du tout ! Et cette connaissance pût rentrer sans difficulté. Elle pût rentrer aussi facilement car Dieu le permit. Elle avait un message pour moi, et c’est l’objet du deuxième point dont je vous ai parlé dans l’introduction.
Elle me parla de l’engagement que l’on prend avec Dieu. Quand elle eut fini j’eut compris qu’un engagement avec Dieu ne se brise pas. J’avais décidé de vendre la moto pour éponger une dette de famille et je sentais au plus profond de moi que c’était vraiment la bonne chose à faire. Mais par un concours de circonstances, il se trouve que cette vente fût reportée encore et encore et que pour finir je l’ai totalement oubliée.
C’est le deuxième point important à retenir, quand Dieu nous ouvre des portes, ne réfléchissons pas, il faut foncer. Quand vous sentez au fond de vous que c’est la meilleure chose à faire, faites-le. Ne reculez surtout pas, ne vous laissez pas distraire par l’ennemi qui trouvera toujours un moyen pour vous détourner du chemin que Dieu ouvre devant vous, car c’est dans l’intérêt du Diable que vous vous plantiez et que vous trébuchiez. C’est un combat que nous menons, il ne faut pas l’oublier. C’est parce que chaque jour nous décidons de nous montrer bon et de nous détourner du péché en le considérant comme « l’ennemi public numéro un » que notre relation avec Dieu va grandir encore et encore et que nous porterons de bons fruits. Il est écrit "Je peux tout en celui qui me rend puissant." Philippiens 4.13, n’oubliez jamais cela. C’est Dieu qui nous donne la force nécessaire pour surmonter nos épreuves, voilà pourquoi nous devons nous confier en lui en toutes circonstances.
Il faut imaginer le péché comme un mur et chaque péché commis représente un parpaing que nous déposons pour construire ce mur entre nous et Dieu, le ciment étant le Diable, plus ce mur sera petit, plus nous serons fort face à l’adversité et moins le Diable aura d’emprise sur nous.
Les journées passent et mon état reste à peu près stable. On me transfère en soins intensifs, mon moral est à nouveau au plus bas. Je reçois de la visite, ma famille, mes amis, mais aussi des gens auxquels je ne m’attendais pas du tout, comme certains de mes professeurs. Je reçois des cartes postales, mes amis se sont cotisés pour m’acheter une petite station pour écouter de la musique, je lis la bible, je prie et encore une fois avec l’aide de notre Père je remonte la pente. J’ai perdu 12kilos et il est urgent que je m’alimente. Encore avec le soutien de ma mère et la grâce de Dieu, je remange tout doucement.

Chapitre 4 : Guérison
Je ne le savais pas encore, mais il me restait une chose à apprendre. Ce fut ma mère, ma courageuse maman, qui m’apporta cette dernière révélation. Comme chaque jour elle venait me voir à l’hôpital, elle me ramenait des petites douceurs et prenait soin de moi autant qu’elle le pouvait. Un jour, je la vis arriver avec un sourire si resplendissant qu’il semblait presque contagieux, elle me dit « mon chéri j’ai quelque chose à te raconter, une chose extraordinaire qui m’est arrivée hier soir !». Ma mère me raconta sa rencontre avec Dieu. Dieu avait un dernier message pour moi : celui d’aimer et d’honorer mon père et ma mère, en créant une relation avec eux, en ne les reniant pas, mais en leur transmettant cette joie que Dieu a mis dans mon coeur. Un fossé énorme s’était creusé avec le temps entre moi et mes parents, surtout entre moi et ma mère. Ce jour-là, Dieu décida qu’il fallait combler ce vide. «Honore ton père et ta mère» ne signifie pas seulement les aimer, il faut aussi les respecter.
Cette différence de génération ne doit pas être un obstacle mais plutôt un pont pour connaître mieux l’autre et franchir ce fameux « fossé ». Il arrive que parfois, nos parents nous aient déçus. N’oublions pas que, comme nous, ce sont des créatures de Dieu, des Hommes, qui sont fait de chair et de sang et la chair est faible. Tout comme nous, ils ont le droit à l’erreur, ne leur tournons pas le dos parce qu’ils nous ont déçu, car Dieu nous enseigne à pardonner. Matthieu 18.35 « C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son coeur ». Pardonnez et vous serez pardonné. Montrons-nous plus malin et dépassons le stade de la rancoeur. Créons des liens et aimons d’un amour inconditionnel, comme Jésus à notre égard, car la famille est un cadeau que Dieu nous fait, ne le détruisons pas. Voilà le dernier point à retenir, voilà le dernier message que Dieu a pour nous.
Pour finir, c’est les yeux pleins de larmes que ma mère conclut par « il m’a fallu 53 ans pour le rencontrer… Mais maintenant c’est fait… et je suis heureuse». J’avais enfin compris tout ce que Dieu voulait me montrer et m’apprendre…6 jours plus tard, je suis sorti de l’hôpital.

Conclusion
N’oublions jamais que Dieu est grand et que même dans le malheur, il ne veut que notre bien si nous demeurons en lui.
Je suis la preuve vivante de la grâce de Dieu. J’aurais pu finir tétraplégique ou j’aurais même pu mourir, mais Dieu me garda en vie, pour que j’apprenne et peut-être pour que je transmette cette expérience. Que par cette histoire, certains puissent ouvrir leurs yeux et surtout leurs coeurs à notre père, qui ne demande que cela, car il nous aime.
A toi la Gloire Notre Dieu.

mercredi 29 mai 2013

Alexis Masson, philosophe, sur Epistheo : connaître Dieu par la raison

Bonjour à tous ! Mon blog était en standby depuis quelque temps, pour cause de mémoire de fin d'études à terminer. J'ai rendu mon mémoire ce matin et ai donc maintenant plus de temps pour mes occupations habituelles.

Voici donc un article prévu depuis longtemps déjà. Dans cet article, je voulais vous présenter un ami, Alexis Masson, et son site : Epistheo.com. Alexis est diplômé en philosophie de l'Université de Strasbourg. Au début de ses études de philosophie, il était athée militant, nihiliste, et ne faisait aucun cas de la foi chrétienne qu'il considérait comme irrationnelle et tout juste bonne pour les faibles d'esprit. Sa rencontre avec un camarade de promo chrétien et ses discussions avec cet ami lui font découvrir la réalité d'un christianisme intellectuellement beaucoup plus respectable qu'il ne l'aurait pensé. En 2005, il se convertit finalement à Jésus-Christ à la suite d'une expérience spirituelle. A la suite de sa conversion, il se met à étudier les rapports entre la foi chrétienne et la raison. Alexis a d'ailleurs servi de relecteur pour mon article précédent, je le remercie de ses conseils.
Epistheo, jeu de mots grec signifiant "connaître Dieu", est le fruit de ce travail. Il s'agit d'une émission radio hebdomadaire, diffusée sur plusieurs radios locales (en Alsace et dans le Territoire de Belfort). Chaque émission aborde une question relative à la foi chrétienne d’un point de vue philosophique.
Le format est court, vivant et accessible, permettant d’informer les auditeurs sur des questions qu’ils se sont probablement déjà posés : peut-on prouver l’existence de Dieu ? Pourquoi Dieu a-t-il créé l’univers ? Pourquoi Dieu permet-il le mal ? Comment peut-on comprendre la Trinité ?
Le site Internet permet de découvrir les thèmes traités dans cette émission.
Dans cette vidéo, Alexis raconte sa propre histoire, comment il a lui-même découvert Dieu. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à explorer son site, plein de réflexions de qualité.

samedi 2 mars 2013

Arguments théistes

Bonjour tout le monde !

Socrate, auteur des
 premiers arguments théistes

A-travers les siècles d'histoire de la philosophie, de nombreux raisonnements logiques très divers ont été développés afin de démontrer l'existence de Dieu : les arguments théistes. Les premiers à avoir formulé de tels arguments étaient les 3 grands philosophes de la Grèce antique, Socrate Platon et Aristote, pour qui Dieu, qu'ils voyaient comme un être absolu en tout point, était nécessaire au fonctionnement du monde. Peu usités par les chrétiens des premiers siècles (surprenant d'ailleurs), ces arguments ont ensuite été repris au Moyen-Âge par des théologiens musulmans (Averroès, Al-Kindi...), puis chrétiens (surtout Thomas d'Aquin), avant d'être développés par des philosophes théistes ou déistes comme Leibnitz, Descartes, Voltaire et Kant. Par contre, ils semblent n'avoir jamais eu une grande importance dans la pensée philosophique chrétienne et apparaissent peu chez les plus grands philosophes chrétiens comme Augustin, Pascal ou Kierkegaard. Ils ont cependant toujours joué un rôle très important dans la théologie catholique jusqu'à aujourd'hui. La Réforme protestante les a généralement mis de côté en insistant sur la Révélation, par opposition à la raison, comme base de la foi, mais les arguments théistes reviennent sur le devant de la scène aujourd'hui dans la pensée de plusieurs apologètes évangéliques contemporains (Alister McGrath, Ravi Zacharias, etc). Alors, j'ai eu envie de consacrer moi aussi un article sur mon blog à ces arguments. Pour ceux qui ont envie d'en savoir plus, je recommande la lecture de cette série sur l'excellent site Raisonsdecroire.org.

Lire la suite


L'argument ontologique, ou argument de l'essence
Cet argument, énoncé pour la première fois par le théologien catholique médiéval Anselme de Canterbury puis repris notamment pas Descartes, veut établir l'existence de Dieu par la seule analyse de son essence, de ce qu'il est, au contraire des autres arguments théistes qui reposent sur l'observation du monde, c'est pourquoi je le mets en premier même s'il n'est pas le plus important.
L'argument consiste à montrer que la nature même de Dieu implique forcément son existence. Pour résumer : Dieu, par définition, est un être infini et parfait ; s'il était inexistant, il ne serait plus parfait ; donc, il doit forcément exister.
Le raisonnement d'Anselme de Canterbury : Dieu est un être parfait, infini, sans aucune limite. L'esprit humain est capable de concevoir un tel être infini et il lui donne le nom de Dieu. Or, un être qui existe dans la réalité du monde est plus grand, plus parfait, qu'un être qui existe seulement dans l'esprit humain. Donc, un tel être infini doit forcément exister dans la réalité.
Cet argument repose de toute évidence sur un sophisme et peut être facilement réfuté : si Dieu n'existe pas, alors il n'est évidemment pas parfait ni infini et tout le raisonnement s'effondre. L'argument a donc été très souvent critiqué, notamment par Emmanuel Kant et même par Thomas d'Aquin, qui répond que l'esprit humain, dans sa finitude, n'est pas capable de comprendre l'infinité de Dieu. Pourtant, malgré toutes les critiques, l'argument ontologique continue de fasciner les philosophes, qu'ils l'acceptent comme valide ou non. Le philosophe gallois Bertrand Russell, un des plus grands penseurs athées du 20° Siècle, a dit au sujet de cet argument : « Il est plus facile d’être convaincu que l’argument doit être fallacieux que de trouver précisément où repose l’erreur. » La preuve ontologique a récemment été revalorisée par le philosophe américain contemporain Alvin Plantinga.


L'argument téléologique, ou argument du dessein
Voltaire
Cet argument est certainement l'argument théiste le plus connu. Sa formulation la plus célèbre est celle de Voltaire, connue sous le nom d' « argument de l'horloger ».

Selon cet argument, l'existence même de l'Univers, la complexité de son fonctionnement et l'équilibre qui le régit, sont la preuve de l'existence d'une intelligence créatrice, dont l'action créatrice a un but. Tout ce qui existe et dont le fonctionnement est régi par un mécanisme précis a forcément été conçu par une intelligence créatrice ; or, l'Univers existe et fonctionne selon les lois de la nature ; donc, l'Univers a nécessairement été conçu par une intelligence créatrice, dans un but.

Voltaire, qui s'inspire du philosophe chrétien anglais William Paley, explique que si un jour, en se promenant, il trébuche sur une pierre et se demande ce qu'elle fait là, on pourrait lui répondre tout simplement que cette pierre a toujours été là, que c'est l'endroit où elle se trouve naturellement. Par contre, s'il trouve une horloge par terre, la réponse à la même question sera différente : c'est qu'il a forcément du y avoir, à un moment donné et en un endroit donné, un horloger qui a fabriqué cette horloge. Sans cet horloger, l'horloge ne pourrait pas exister. Même si l'horloge est abimée, qu'elle fonctionne mal, nous savons tout de même avec certitude qu'elle a été conçue par un être intelligent (l'horloger) dans un but précis (montrer l'heure). De même que l'existence de l'horloge prouve l'existence d'un horloger qui l'a conçue, de même l'existence de l'Univers prouve celle d'une intelligence qui l'a créé. Voltaire conclut son argument par sa célèbre formule : « L'Univers m'embarrasse et je ne puis songer Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger. »

Cet argument a été de plus en plus mis en avant avec les découvertes scientifiques modernes, notamment en physique, sur la complexité du fonctionnement du monde et le réglage fin et précis des constantes physiques nécessaires à l'apparition de la vie. Il balaie d'un revers de main l'idée selon laquelle le progrès scientifique a rendu caduque l'idée de Dieu : avec cet argument, au contraire, plus la science progresse, plus notre compréhension du monde augmente, plus il devient infiniment probable qu'il y a un Dieu qui l'a créé.


Les arguments cosmologiques
Thomas d'Aquin
L'argument cosmologique, sous ses diverses formes, trouve son origine chez les 3 grands philosophes athéniens, Socrate, Platon et Aristote. Il a par la suite été abondamment repris, notamment Thomas d'Aquin. Il s'agit ici de partir de l'observation du monde (du cosmos, d'où le nom d'argument cosmologique) pour en déduire l'existence de Dieu. Pour les philosophes athéniens, l'existence d'un être suprême, infini et parfait dans toutes ses caractéristiques est nécessaire à l'existence du monde et de la raison humaine.
Dans sa Somme théologique, Thomas d'Aquin propose trois variantes de cet argument :


  • La voie par le mouvement : Tout, dans l'Univers, est en mouvement (c'est-à-dire, en termes philosophiques, tout change, rien ne reste éternellement identique). Or, tout ce qui est en mouvement est forcément mû par autre chose, il n'y a pas de mouvement sans moteur. Il est donc nécessaire qu'il y ait un premier moteur qui soit le moteur de toute chose.
  • La voie par la cause : Tout ce qui existe a forcément une cause. En remontant arrière la chaîne de cause à effet, il est donc nécessaire qu'il y ait une cause première qui soit la cause de tout.
  • La voie par la contingence : Tout, dans le monde, a un commencement et une fin, donc la possibilité d'exister et de ne pas exister. Par conséquent, puisque ces choses existent alors que leur existence n'est pas nécessaire, il doit y avoir quelque chose qui les fait exister.

Cette cause première, ce moteur premier, cette nécessité première, c'est Dieu. Une réponse facile à cet argument serait : « Dieu a créé le monde mais... qui a créé Dieu ? » Quelle est la cause de cette cause première, le moteur de ce moteur premier ? En réalité, cette question est un non-sens : d'après les lois de la logique, tout ce qui a un commencement a une cause ; tout ce qui est en mouvement a un moteur ; tout ce qui n'est pas nécessaire a quelque chose qui le fait exister. Ce qui est éternel, qui a toujours été et sera toujours, n'a pas de cause puisque rien ne l'a amené à l'existence ; ce qui n'est pas en mouvement, qui reste éternellement identique, n'a pas besoin de moteur ; ce qui est nécessaire, qui existe par lui-même, n'a besoin de rien pour le faire exister. D'ailleurs, puisqu'elle est la cause de tout et qu'il n'y avait rien avant elle qui puisse en être la cause, la cause première doit forcément ne pas avoir elle-même de cause.
La forme la plus simple de l'argument cosmique, et aussi la plus célèbre et la plus âprement étudiée aujourd'hui, nous vient du penseur musulman soufi Al-Ghazâli. Il s'agit de l'argument dit du kalam : « Tout ce qui a commencé à exister a une cause. Or, l'Univers a commencé à exister. Donc, l'Univers a une cause. »

L'argument moral
La présentation la plus célèbre de l'argument moral pour l'existence de Dieu se trouve dans le roman Les frères Karamazov, de l'écrivain russe Féodor Dostoïevski, dans lequel un des personnages s'interroge : « Mais alors, que deviendra l’homme, sans Dieu et sans immortalité ? Tout est permis, par conséquent, tout est licite ? »
Cet argument se résume au raisonnement suivant : si Dieu n'existe pas, les valeurs morales objectives n'existent pas ; or, les valeurs morales objectives existent ; donc, Dieu doit exister.
Cet argument ne vaut évidemment que si on part du fait que le bien et le mal sont des valeurs absolues. On pourrait répondre en défendant une morale purement sociale, dont le seul but serait de garantir le bon fonctionnement de la vie en communauté. Dans ce cas, cette morale varierait en fonction des époques et des cultures, selon l'organisation différente des sociétés humaines, et il n'existerait aucune morale universelle. C'est là que ce raisonnement pose problème : imaginons par exemple si les nazis avaient gagné la Seconde Guerre Mondiale, réalisé leur but d'extermination de tous les Juifs et endoctriné la totalité de la population mondiale ; dans ce cas, avec une morale culturaliste, la Shoah serait moralement bonne dans cette société ! Si, au contraire, la morale est absolue, alors même dans une telle société la Shoah restera moralement mauvaise, en dépit du fait que l'humanité entière la considérerait comme moralement bonne.

Les autres arguments :
En plus des quatre principaux arguments théistes (ontologique, téléologique, cosmologique et moral), d'autres arguments moins connus ont été proposés. En voici quelques-uns :
  • L'argument historique : L'homme est par nature trop anxieux pour développer de lui-même sa créativité et trop égocentrique pour s'orienter de lui-même vers une société organisée ; s'il y est parvenu c'est qu'il y a donc forcément une force extérieure à lui-même qui l'a guidé. Cette idée était répandue surtout dans les sociétés antiques pré-grecques.
  • L'argument de l'absolu : Une chose, une action, n'est bonne ou mauvaise que par rapport à une échelle de valeurs donnée. Or, pour que cette échelle puisse mesurer objectivement le bien et le mal, il faut qu'elle ait une valeur maximale. Donc, il y a forcément un Bien absolu. (Le même raisonnement marche aussi avec les notions de Vrai et de Beau.) Cet argument est tiré de la Somme théologique de Thomas d'Aquin.
  • L'argument spatio-temporel : C'est une variante intéressante de l'argument cosmologique, très utilisé dans la pensée islamique. L'espace et le temps ayant tous les deux eu un commencement, ils doivent avoir une cause. Or, puisque l'espace-temps n'existaient pas avant leur création, leur créateur doit être extérieur à l'espace et au temps, infini et éternel.
  • L'argument du consensus universel : Le fait que toutes les civilisations du monde, même celles qui n'avaient aucune relation entre elles, ont en commun l'idée du divin sous diverses formes, prouvent qu'une forme de divin doit exister réellement. Cet argument a été émis par Cicéron ; il est faible car s'agit d'un argument de la tradition, une forme d'argument d'autorité.
  • L'argument de la limite de la connaissance humaine : La conscience humaine est limitée ; donc il doit forcément exister autre chose qui dépasse sa conscience. L'auteur de cet argument est Kant.
  • L'argument pragmatique : Le fait que, même sans preuve empirique préalable, l'acceptation de l'existence de Dieu et des conséquences qui en découlent (efficacité de la prière notamment) fonctionne dans la vie du croyant, est la preuve que ce que ce croyant croit est vrai. Ce raisonnement vient du philosophe et psychologue américain William James.
  • L'argument anthropique : Nous, humains, sommes des êtres personnels (c'est-à-dire conscients, rationnels, moraux, aimants, etc.), donc la nature dont nous sommes issus doit également avoir pour origine un être personnel ; sinon, ce serait comme si la nature donnait vie à un poisson alors que l'eau n'existe pas. L'auteur de cet argument est le Dr Gregory Boyd, un pasteur et apologète évangélique contemporain.

Un dernier pour ma route
Un dernier argument, peu connu mais qui me plaît beaucoup personnellement : celui développé par C.S Lewis, professeur de littérature à l'Université d'Oxford pendant la 1° moitié du XX° Siècle, passé de l'athéisme au théisme puis au christianisme et devenu après sa conversion un des auteurs chrétiens les plus réputés de son époque. Des prémisses de cette idée se trouvent déjà chez Augustin et Pascal, dans leur célèbre formule disant qu'« il y a dans le coeur de tout homme un vide en forme de Dieu. »
Au début de sa carrière universitaire, Lewis était athée. Pourtant, il a toujours gardé une profonde soif de spiritualité, qui se manifestait surtout par sa passion pour les mythologies antiques, soif que sa vision du monde athée et matérialiste ne parvenait pas à satisfaire. Or, la nature est ainsi faite que tout besoin naturel peut être assouvi de façon naturelle : la nourriture répond à la faim ; l'eau à la soif ; etc. Aucun désir n'existe sans que l'assouvissement n'en soit possible. Il en est finalement venu à la conclusion, qui a été une étape importante dans son cheminement intellectuel vers le théisme, que puisque son besoin de spiritualité ne peut être comblé par le monde matériel, c'est qu'il doit exister une réalité au-delà du matériel qui soit en mesure de l'assouvir. Je cite sa conclusion en ses propres mots : « Si je découvre en moi un désir qu’aucune expérience dans ce monde ne peut satisfaire, l’explication la plus probable est que j’ai été fait pour un autre monde. »

Et alors ?!
Pour conclure, je poserais tout simplement la question : à quoi a servi cet article ? Quel est l'intérêt de tels arguments ? Aucun d'entre eux ne prouve l'existence de Dieu de façon absolue ; dans le cas contraire, il n'y aurait plus la liberté de croire qui est si vitale à tout croyant. Quid du pari de Pascal ? D'ailleurs, bien peu d'athées n'ont jamais été convaincu de l'existence de Dieu uniquement par de tels arguments (un exemple où c'était le cas est celui du philosophe britannique Antony Flew, un des plus importants penseurs athées militants de son époque qui, en 2004, a déclaré adhérer à présent au déisme aristotélicien). Et puis de toute façon, la foi chrétienne, c'est beaucoup plus que de croire seulement en l'existence de Dieu.
Je pense tout de même que sans être décisifs, ces arguments ont leur intérêt : ils ne peuvent pas, dans l'absolu, prouver que Dieu existe ; mais ils peuvent servir à défendre la crédibilité de la foi en montrant qu'il est cohérent de le croire. Qui sait, peut-être que l'un ou l'autre de mes lecteurs sera amené à réfléchir par mon article et qu'il se posera plus sérieusement cette question essentielle : et si c'était vrai ?

jeudi 28 février 2013

Démission du pape Benoît XVI : Partir, un choix d'humilité

Bonjour tout le monde !

Aujourd'hui, à 20h, la démission annoncée il y a un mois du pape Benoît XVI en raison de son âge et de sa santé fragile, deviendra effective et le siège de l'évêque de Rome, pontifex maximus, chef suprême de l'Eglise catholique, sera officiellement vacant au Vatican. Je ne compte pas réagir longuement à cet événement qui n'a pas une très grande importance pour moi personnellement, ni pour ma foi ; mais son importance politique et sociale au niveau mondial est telle que je ne pouvais pas ne pas m'exprimer dessus. Je publie donc un article plus court qu'habituellement, dans lequel je m'intéresse essentiellement aux raisons de la décision de Benoît XVI de démissionner.

Lire la suite

Mes sentiments à l'égard de l'Eglise catholique et du Vatican sont très mitigés : des doctrines clairement anti-bibliques où la loi prend le dessus sur la grâce et la tradition humaine sur la Parole de Dieu, certaines pratiques comme le culte de la Vierge et des saints qui mélangent allègrement foi chrétienne, superstitions populaires et paganisme, une morale conservatrice qui ne tient pas face à la réalité du monde, une organisation ecclésiale basée davantage sur l'organisation politique de l'Empire romain antique que sur des principes bibliques, de spectaculaires richesses utilisées pour de luxueux lieux de culte alors que des fidèles meurent de faim, un pouvoir au fond plus politique que spirituel avec tant d'abus dans l'histoire ancienne et même récente, sans compter les nombreux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie... Quant à l'œcuménisme qu'ils promeuvent depuis les réformes de Vatican II... je ne suis jamais fermé au dialogue avec personne, mais si pour eux il s'agit tout simplement de vouloir ramener le « frère égaré » que je suis dans le giron de « l'église mère », très peu pour moi. Mais, je vous rassure, je ne vais pas non plus vous proposer une tirade d'anticatholicisme primaire : je ne fais pas partie de ces évangéliques rageux qui ont besoin de taper sur les cathos pour exister, je suis capable de faire la part des choses et de reconnaître ce qu'il y a de bon ailleurs, par exemple avec un Abbé Pierre qui a fait largement plus pour les pauvres et les sans-abris que n'importe qui d'autre en France.

Mais venons-en aux faits : le 11 février, Benoît XVI annonce qu'en raison de son âge avancé (86 ans) et de sa santé déclinante, il ne se sent plus la force de poursuivre son ministère dans un monde qui traverse de profonds changements. Après un moment de réflexion et de prière, il a donc pris la décision de renoncer à ses responsabilités. Cette annonce a causé un profond choc au sein de l'Eglise catholique : c'est la première fois depuis des siècles que cela arrive.

Alors pourquoi ? Le pape abandonne-t-il le navire en pleine tempête ? Ou bien sa décision est-elle l'aveu que dans la société moderne, la foi et les valeurs qu'il défend sont dépassées ? Ni l'un ni l'autre : je pense que Benoît XVI a tout simplement reconnu et accepté ses limites. Il avait déjà 78 ans lorsqu'il a été élu, ces 8 dernières années ont été profondément éprouvantes pour lui et de son propre aveu, ces derniers temps il sentait de plus en plus ses forces décliner. Benoît XVI a donc compris qu'il n'était plus à la hauteur des responsabilités qui étaient les siennes et décidé qu'il était temps de laisser d'autres continuer. Je trouve que cette humilité l'honore. Ce n'est ni un abandon, ni un aveu d'échec, mais un passage de relais. Dans une société où ce qui compte le plus est la performance et le succès, où les puissants sont si nombreux à s'accrocher désespérément à la moindre miette de pouvoir, la décision à contre-courant de Benoît XVI nous rappelle qu'il n'est pas nécessaire d'en vouloir toujours plus et que choisir de s'arrêter pour que d'autres poursuivent, ce n'est pas échouer mais sortir grandi. Je n'ai pas d'affinités particulières avec Benoît XVI ni avec le système qu'il représente, mais je trouve que sa décision est tout à fait conforme aux valeurs chrétiennes et je le respecte pour cela.

Et quid de la succession ? Là, chacun y va de son prognostic et de ses vœux. Moi, je me tairai sur le sujet : ce choix ne me concerne pas puisque je ne suis pas catholique et rien ne me donne le droit d'exiger un pape selon mes envies (comme le font de nombreux médias français...) à une communauté dont je ne fais pas partie.
Par contre, le choix du pape, chef spirituel de la plus grande communauté religieuse au monde, a évidemment des conséquences très lourdes sur la perception du christianisme, catholique et autre, par l'opinion publique mondiale. Dans ce sens, je me permets tout de même d'exprimer un souhait : puisque le christianisme n'est plus aujourd'hui une foi occidentale (en fait je pense qu'il ne l'a jamais été, mais il a souvent été perçu ainsi à tort), que la grande majorité des chrétiens vivent en-dehors du monde occidental et que c'est dans l'hémisphère Sud que l'Eglise grandit le plus vite, je serais heureux que, pour la première fois dans l'histoire moderne, le prochain pape soit non occidental.

vendredi 15 février 2013

Oscar Pistorius : Un mythe s'effondre

Bonjour à tous !

©Antoine de Ras/AP/Sipa ; image vue dans le Nouvel Obs
Hier, un terrible drame a secoué le monde du sport : Oscar Pistorius, l'athlète sud-africain devenu en 2012 le premier sportif handicapé à avoir participé aux Jeux Olympiques, régulièrement cité en exemple par la presse pour ses performances sportives, sa persévérance malgré les difficultés liées à son handicap et son attitude exemplaire... a été arrêté pour avoir tué sa petite amie, dont le corps criblé de balles a été retrouvé à son domicile. Ironie suprême, cette tragédie conjugale a eu lieu précisément... le jour de la St-Valentin ! Dans un premier temps, on parle d'un accident : Pistorius aurait entendu du bruit, pensé qu'il s'agissait d'un cambriolage, sorti son arme et tiré pour arrêter le cambrioleur... avant de se rendre compte, trop tard, de son erreur. Entretemps, on parle plutôt d'un meurtre, parfaitement conscient et même prémédité ! Lors de sa première audience au tribunal, Pistorius est apparu effondré et a fondu en larmes.
Soyons clairs : je ne prétends pas savoir ce qui s'est réellement passé et ne vais donc pas jouer au justicier dans cet article. J'ose à peine imaginer la souffrance de toutes les personnes impliquées dans cette triste affaire, le terrible désarroi de Pistorius si la thèse de l'accident était vraie, la colère des proches de la victime s'il s'agit bien d'un meurtre. Alors, je vais essayer d'écrire sur ce sujet avec un maximum de sensibilité et sans émettre de jugement... d'autant plus que l'essence de mon message est de dire : quelle que soit la vérité dans cette histoire, je ne suis pas meilleur que Pretorius !


La mort d'un héros
Il y a encore quelques jours, Oscar Pistorius, 26 ans, était une légende du sport, respectée de tous dans le milieu de l'athlétisme et au-delà. Amputé des deux jambes au niveau des genoux, surnommé « the fastest man with no legs » (l'homme sans jambes le plus rapide au monde, mais c'est moins comique en français ^^), il avait défrayé la chronique en se qualifiant avec ses prothèses pour l'épreuve des 400m des Jeux Olympiques de 2012 à Londres, devenant le premier athlète handicapé de l'histoire à avoir participé aux JO. Plus encore : il avait établi un nouveau record du monde en demi-finale, avant de remporter la médaille d'argent ! Dans le monde entier, on loue sa volonté de fer, sa discipline personnelle, sa persévérance. Sa devise : « On n'est pas rendu incapable par son handicap [en anglais, disabled=disability], mais on est rendu capable par ses capacités ! » En plus, il utilise sa célébrité et son argent à bon escient, en soutenant activement des organisations de soutien aux personnes mutilées. Notre monde a tant besoin de héros...

L'envers du décor...
Mais derrière son masque de légende vivante, la réalité de la vie quotidienne de Pistorius est nettement moins glorieuse : ceux qui le connaissent le décrivent comme un « adrenaline freak », un jeune homme sympathique et charismatique mais casse-cou et littéralement accroc aux sensations fortes. En 2009, un grave accident en bateau à moteur lui avait déjà causé 172 points de suture. Voitures de tuning dont les pneus crissent à 250 km/h sur route mouillée, passion pour les films d'action les plus violents, motos de course, chiens dangereux, ou encore couple de tigres blancs élevés dans son appartement en ville... tout y passe, y compris évidemment les armes à feu, qu'il collectionne et dont il enseigne l'usage à ses amis. Ses amis le décrivent aussi comme paranoïaque, obsédé par sa sécurité (alors qu'il réside dans le quartier le plus sûr de son pays). Il a aussi une autre « collection » : les plus belles femmes se succèdent dans ses bras. Sa dernière conquête : la top-modèle Reeva Steenkamp... morte le 14 février 2013 des balles tirées par le pistolet 9mm de notre Don Juan.

Le jour où tout a basculé
Il suffit parfois de quelques instants pour qu'une vie d'apparence épanouie et remplie de succès se transforme en enfer. Pour Pistorius, c'était le 14 février 2013, date à laquelle sa petite amie est morte, chez lui, des balles de sa propre arme ! Ici, il m'est impossible de dire avec certitude ce qui s'est passé : meurtre avec préméditation ? dispute et geste de colère qui aura été fatal ? accident ? Quoi qu'il en soit, une chose est claire : cela faisait déjà longtemps que Pistorius jouait avec le feu. Quel que soit le véritable récit des événements de cette tragique journée, les conséquences sont irrémédiables : Reeva Steenkamp est morte et Oscar Pistorius risque la prison à vie...

Comment est-ce possible ?!
Malheureusement, Pistorius est loin d'être un cas unique : les histoires de célébrités impliquées dans des affaires sordides foisonnent depuis la nuit de temps. Pourquoi ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Et y a-t-il encore un espoir pour les personnes comme Pistorius ?
De toute vraisemblance, même s'il est effectivement coupable de ce meurtre, Pistorius n'a pas eu l'intention de tuer sa petite amie dès le début de leur relation. Mais dès le départ, il était sur une pente glissante : il avait des passe-temps dangereux, était paranoïaque et obsédé par les sensations fortes, et gardait des armes à feu chez lui à portée de main. A force de glisser de plus en plus sur cette pente dangereuse, le pire s'est produit.

Déjà dans l'Antiquité biblique...
Bathshéba au bain, de Rembrandt
Cette affaire me fait penser à une autre affaire, vieille de plusieurs milliers d'années celle-là : une histoire racontée dans la Bible, celle du roi David d'Israël, qui, après avoir couché avec la femme d'un de ses soldats qui est tombée enceinte de lui, a fait assassiner le mari de celle-ci.
Voyez plutôt : au début du récit biblique (qu'on trouve au chapitre 11 du 2° livre de Samuel), l'armée d'Israël est partie en guerre... mais David est resté chez lui, dans son palais, alors que sa position lui confère le devoir de commander ses troupes sur le champ de bataille. Plus précisément, le texte dit que David « se promenait, de nuit, sur le toit de son palais »... un roi qui se la coule douce pendant que son peuple est en train de se battre pour lui ça ne vous choque pas ?! La place de David aurait été au front, avec ses troupes.
Donc, il fait nuit et David se promène sur le toit de son palais... et c'est là qu'il voit une belle femme en train de se baigner ! Au vu de ce qu'on sait de la vie conjugale de David, ce n'était sûrement pas la première fois qu'il voyait un corps féminin... mais là, la vue de cette femme nue lui fait perdre tout bon sens. Alors, David demande d'abord qui est cette femme et apprend qu'il s'agit de Bathshéba, la femme d'Urie, un de ses soldats. Ca tombe bien : il est absent en ce moment, parti à la guerre... Donc, ni vu ni connu, David envoie un serviteur chercher discrètement Bathshéba et passe la nuit avec elle. (L'histoire ne dit pas si elle a eu le choix, mais au vu de ce que représentait l'autorité royale à l'époque elle n'aurait probablement pas eu son mot à dire...)
David se disait que le mari n'en saurait jamais rien... sauf que pas de chance : quelque temps après, Bathshéba lui fait savoir qu'elle est enceinte ! AÏE !!! Son mari n'est pas là et elle est enceinte... les gens vont se poser des questions !
Mari pas là+femme enceinte=problème... solution de l'équation : mari revient=problème résolu. Donc, David envoie un message à son général pour lui demander de lui envoyer Urie, officiellement pour prendre des nouvelles de comment se passe la guerre. Urie revient donc et David lui dit que comme il s'est bien battu il mérite bien un petit congé et d'aller passer un peu de bon temps avec sa femme. Si Urie tombe dans le panneau, tout le monde, y compris Urie lui-même, pensera que c'est le mari qui est le père.
Nouveau problème : Urie est un soldat, et un soldat ça ne couche pas avec sa femme pendant le service ! Urie préfère aller passer la nuit avec les gardes du palais... une nouvelle façon de rappeler à David que lui aussi, devrait être avec ses soldats. Le lendemain soir, David invite Urie à manger et à faire la fête chez lui, s'arrangeant pour que le vin coule à flot : quand il sera ivre, Urie acceptera bien d'oublier son service et de rentrer chez lui pour la nuit. Mais rebelote : Urie repasse la nuit avec les gardes.
C'est alors que David accomplit l'irréparable : il écrit une lettre au général, demandant que lors de la prochaine bataille, Urie soit placé à l'endroit le plus dangereux, pour qu'on soit certain qu'il sera tué par l'ennemi. Le pauvre Urie, en bon soldat loyal, portera lui-même la lettre contenant son arrêt de mort au général, sans se douter de rien... Cette fois-ci, tout se passe comme prévu : Urie meurt lors de la prochaine bataille. Il n'aura jamais su que son roi l'a trahi, puis assassiné. Maintenant, David est libre d'épouser Bathshéba.
Tout ça a commencé par une banale ballade au clair de lune, mais pour finir, un innocent est mort... De fil en aiguille, David, qui dès le départ était dans une situation de compromis, est passé de l'adultère (voire peut-être viol), au mensonge, puis au meurtre. Lorsque la nouvelle de cette affaire se répand parmi le peuple, la royauté est déshonorée.

Un pôv' type comme moi
Il serait facile de montrer du doigt les gens comme Pistorius, ou le roi David, comme des monstres qui méritent d'être haïs pas la société, et c'est ce que certains médias (les mêmes qui il y a quelque temps le couvraient d'honneurs...) n'hésitent pas à faire. Mais moi, je vois les choses différemment : je vois une personne ordinaire qui, à force de petits compromis qui deviennent de plus en plus grands, parfois pour couvrir d'autres manquements passés, en vient finalement à faire des choix aux conséquences destructrices pour elle-même et tous ceux qui l'aimaient. Non, Pistorius n'est pas un monstre inhumain : c'est un homme comme moi, dont la valeur a été à juste titre louée, qui a fait des choix tragiques qui ont causé la mort de la femme qu'il aimait. Attention : je ne fais pas du tout l'apologie de son geste : s'il est coupable de meurtre, il doit être puni par la justice ! Mais moi, je ne suis pas meilleur que lui.
Parce que je crois qu'en fait, nous méritons tous la mort. Le mal que nous commettons, nos fautes, nos mauvais choix... dans la Bible, ça s'appelle le péché, et l'Evangile dit que « Le salaire du péché, c'est la mort. » Moi, je n'ai jamais tué ma petite amie (normal, je n'en ai jamais eue), mais j'ai commis d'autres fautes, fait d'autres mauvais choix, dont certains qui ont blessé des personnes qui comptent beaucoup pour moi, et même si mes mauvais choix n'ont pas eu de conséquences aussi tragiques que ceux de Pistorius, il n'empêche que je ne suis pas moins coupable que lui. Parce que la gravité de nos fautes ne dépend pas de leurs conséquences, mais de ce qu'elles sont mauvaises par elles-mêmes.

Alors... quel espoir ?
Dans un paragraphe précédent, j'ai posé la question : y a-t-il encore de l'espoir pour Pistorius ? Puisque j'ai démontré que je n'étais moi-même pas meilleur que lui, pas plus que chacun de mes lecteurs, je me dois d'élargir la question : y a-t-il encore de l'espoir pour MOI ? pour TOI ???
J'ai cité plus haut un verset biblique qui dit : « Le salaire du péché, c'est la mort. » En fait, le verset complet dit : « Le salaire du péché, c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ. »
Ça veut dire quoi ? Pour faire simple : pour avoir la vie, il faut prendre conscience qu'on mérite la mort. Lorsqu'on en prend conscience, on peut voir qu'un autre l'a subie à notre place : Jésus, qui est mort sur la croix pour prendre sur lui la punition que nous méritions.
Renaître... Repartir à zéro... Effacer toutes les erreurs du passé et tout recommencer... Qui n'a jamais rêvé de ça ? Eh bien justement : par la grâce de Dieu, c'est possible. C'est possible pour Pistorius, même maintenant que sa vie est détruite. C'est possible aussi pour moi, et pour toi. C'est la base même du message de l'Evangile : "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. Cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ." (La Bible, 2 Corinthiens 5:17-18)
Cette nouvelle vie ne signifie pas que les conséquences du passé sont effacées. Quoi qu'il arrive, Reeva Steenkamp restera morte et Oscar Pistorius devra toujours faire face à la justice et être puni pour ses actes. Par contre, pour lui comme pour tout un chacun, il reste possible de recevoir la guérison et une nouvelle vie, une vie transformée.

Le drame de l'affaire Pistorius nous rappelle que si notre monde a tant besoin de héros, les héros humains sont toujours faillibles mais par contre, il y a un héros qui ne déçoit jamais !!!

mardi 25 décembre 2012

Flashmob de Noël

Salut à tous les visiteurs de mon blog ! Comme tous les ans, un article pour vous souhaiter un joyeux Noël.

Pour l'occasion, je vous propose de découvrir un flashmob, spectacle improvisé, qui a réuni quelques milliers de personnes dans un grand centre commercial de Los Angeles, en Californie, la South Bay Gallery, pour chanter des cantiques de Noël. Quand, au coeur des temples de la société de consommation, les foules accourent pour chanter les louanges de l'enfant de la promesse... ça donne ça. Alors, à quand la même chose aux Halles à Strasbourg ?! Ce serait génial !!!
Enjoy :-)

dimanche 16 décembre 2012

Courageous

Visiteurs du jour, bonjour !

J'ai déjà parlé ici de Sherwood Pictures, la principale compagnie de films à message chrétien aux Etats-Unis, avec deux articles sur Facing the Giants et Fireproof. Je remets ça aujourd'hui avec Courageous, leur dernière production qui, comme pour chacun des films, traite d'un thème que les producteurs considèrent comme primordial pour la société : la paternité. Je l'avais regardé avec une amie au moment de la sortie du DVD et je l'ai revu hier soir avec mon colocataire. Les personnages sont de moins en moins caricaturaux et de plus en plus humains, la réalisation a beaucoup progressé en qualité (on sent la hausse du budget dans les moyens mis en oeuvre !), le jeu de certains acteurs reste moyen (la plupart ne sont pas des professionnels), le film n'en est pas moins agréable à voir. Je vous propose donc de regarder la bande annonce avant de lire mes impressions.



Lire la suite

Le film raconte l'histoire de quatre policiers dans une grande ville américaine, qui se trouvent en première ligne de la guerre des gangs. Chaque jour, ils risquent leur vie dans les rues pour protéger la ville (oui, je suis d'accord, ici ce côté de policier-héros ça fait très américain ^^, je n'aime pas trop mais ce n'est pas l'essentiel du film). Chaque soir, lorsqu'ils ont terminé leur service, chacun d'eux rentre chez lui et fait face à un défi d'un tout autre genre : sa vie de famille. D'où le slogan du film : "Honor begins at home", "L'honneur commence à la maison".

Tout au début du film, nos 4 héros sont convoqués par le sheriff, qui leur lit un courrier qu'il vient de recevoir : une étude a montré qu'un jeune qui n'a pas eu un père présent pour s'occuper de lui a nettement plus de chances de tomber dans la délinquance, de devenir membre d'un gang, de prendre de la drogue ou de finir en prison. Son message à ses hommes : "Lorsque vous êtes en service, donnez le meilleur de vous-mêmes. Mais lorsque votre service est terminé, rentrez chez vous et soyez présents pour vos familles, aimez vos enfants." Les paroles de leur supérieur donneront beaucoup à réfléchir à ces hommes... et seront le point de départ de l'intrigue du film.

En effet, nos 4 amis ont des situations familiales très différentes l'une de l'autre. Adam, père de famille quadragénaire de la classe moyenne américaine, aime passionnément sa petite fille de 9 ans mais il est assez distant de son fils adolescent, qui souffre de ce que son père s'intéresse tellement peu à lui. Nathan, un Afro-Américain d'une trentaine d'années, n'a jamais connu son propre père qui a abandonné sa mère avant sa naissance et la souffrance de cette absence l'a conduit à une jeunesse chaotique. Aujourd'hui, il est prêt à tout pour garantir le meilleur avenir possible à ces enfants et leur éviter toutes les difficultés qu'il a lui-même subies... au point de parfois les surprotéger. Il se montre surtout très strict concernant la vie sentimentale de sa fille de 15 ans, qui lui en veut pour cela. Shane est divorcé, de même que ses parents avant lui. Il doit travailler dur afin de gagner assez d'argent pour verser à son ex-femme une pension alimentaire pour leur fils, qu'il ne voit que rarement. Chaque fois qu'il le voit, il constate à quel point sa mère fait tout pour le monter contre lui. David, lui, est une jeune recrue de la police qui a un secret : lorsqu'il était étudiant et jouait au football dans l'équipe de son Université, il a eu une relation avec une pom-pom girl qui est tombée enceinte de lui... et il a ensuite abandonné son enfant. Le groupe se lie aussi d'amitié avec Javier, un immigré latino-américain qui cumule les emplois précaires et lutte pour joindre les deux bouts et pourvoir aux besoin de sa femme et de ses deux enfants.

Quelque temps après cette intervention du sheriff, la famille d'un des 4 policiers est frappée par un terrible drame (je ne vais pas tout dévoiler quand même ^^) qui bouscule le groupe d'amis dans leurs petites habitudes et les fait prendre conscience à quel point leur influence est déterminante pour l'avenir de leurs enfants. Ensemble, ils décident de réévaluer radicalement toute leur vie : leur foi, leurs familles, leurs succès mais aussi leurs failles, et surtout ce que devrait être leur responsabilité en tant que pères, à la lumière de principes tirés de la Bible... Le résultat de leur réflexion : une résolution, détaillée en de nombreux points, par laquelle ils s'engageront tous les 5 (les 4 policiers et Javier) à toujours donner à leurs enfants la première place dans leur vie.

L'histoire continue et chacun de ces hommes fera face à des épreuves inattendues. Que dira Nathan à sa fille pour lui faire comprendre qu'il l'aime tellement qu'il veut le meilleur pour elle et pour son avenir ? Comment réagira Javier lorsqu'il aura enfin (grâce à ses nouveaux amis) trouvé un emploi stable et que son patron lui demandera de frauder ? Quant à Shane, jusqu'où est-il prêt à aller pour payer la pension alimentaire de son fils et lui montrer à quel point il compte pour lui ?

Moi aussi, j'ai un père et je me rends compte tous les jours de l'immense influence que son modèle, en bien et en mal, a eu et continue d'avoir sur ma vie. Plusieurs conversations que j'ai eues récemment, avec mes colocataires et d'autres amis de mon âge, à-propos de nos parents, notamment de nos pères, et des joies et souffrances qu'ils nous ont causées, m'ont montré à quel point un parent façonne une vie... et à quel point l'échec d'un parent peut la ravager. Un jour, je serai probablement un père moi-même (en tout cas j'espère), et ce jour-là, je voudrai construire l'avenir de mes enfants sur les meilleures bases possibles. Ces bases, je devrai moi-même les incarner parce que comme le dit la chanson du groupe de rap Sniper, un père c'est aussi un (re)père. Je n'ai pas envie d'être un père "passable", "pas trop mauvais" ou "meilleur que la moyenne" : je n'aurai que quelques années pour façonner d'une façon définitive l'avenir de mes enfants et je veux leur donner LE MEILLEUR. Alors, j'ai décidé de m'y préparer dès maintenant !